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Independence Hall

LEGO Independence Hall

Cela faisait des semaines que je l’attendais : Chris Elliott, alias ChrisElliottArt, a fini par révéler la reproduction de l’Independence Hall sur laquelle il travaillait depuis des mois, et le moins que l’on puisse dire est que cela valait la peine d’attendre ! Sa création est juste somptueuse et ce, à plusieurs points de vue : esthétique, technique et matériel.

Il me faut vous dire que j’adore la brique en tant que matériau de construction. J’ai donc une certaine attirance pour l’architecture georgienne dont c’est un des éléments caractéristiques et dont l’Independence Hall est un parfait exemple. Chris Elliott a donc très justement utilisé des pièces dont la couleur orange sombre (dark orange) restitue parfaitement celle de la brique. Mais Chris Elliott qui est par ailleurs photographe, designer et développeur web, a fait le choix d’accentuer certaines nuances de couleurs pour transformer ce qui aurait pu être une reproduction relativement simple en une création très colorée. Ainsi, au lieu d’utiliser uniformément du orange sombre (dark orange), il a préféré utiliser d’autres couleurs voisines comme du brun rougeâtre (reddish brown) pour le soubassement, et du orange vif (bright orange) pour les allées. De la même façon, il a reproduit le clocher, la balustrade, l’horloge du mur pignon et la porte en blanc, et a restitué les angles des murs et les corniches en gris (medium stone grey), alors qu’il aurait pu se contenter d’utiliser du blanc partout. Chris Elliott a également profité de certains éléments pour rajouter des touches de couleurs supplémentaires comme la statue de George Washington couleur argent (silver metallic), les cadrans des horloges couleur bleu et gris ardoise (sand blue), la girouette couleur or (warm gold) et le drapeau américain tricolore.

LEGO Independence Hall clocher

D’un point de vue technique, Chris Elliott a réalisé une bonne part de sa construction en utilisant la technique dite du SNOT. C’est-à-dire qu’il a conçu certaines parties de sa création en disposant les pièces non pas les tenons orientés vers le haut mais vers le côté, ce qui lui a permis de limiter la largeur des fenêtres à l’épaisseur d’une plaque (plate), et de réaliser une reproduction à la fois réduite et détaillée. Le plus remarquable est que les rangées de fenêtres ainsi créées sur la façade avant sont séparées par deux plaques et demi. En effet, Chris Elliott a utilisé la partie la plus fine de plaques d’angle (angle plates) pour réaliser une façade très finement détaillée. Enfin, je trouve très astucieuse la façon dont Chris Elliott a détourné des robinets (taps) pour réaliser la partie supérieure du clocher, ainsi qu’une main (mini hand) de minifigure pour représenter la girouette.

Je n’ai jamais snobé les créations numériques. Tout d’abord, parce que construire des créations en briques plastiques a un coût que tout le monde ne peut pas assumer. Ensuite parce que les pièces disponibles dans les logiciels de conception n’existent pas toutes réellement et que c’est parfois frustrant de devoir faire sans. Enfin parce que concevoir numériquement demande un travail qui n’est pas moins méritant. Cela étant dit, que Chris Elliott soit parvenu à réaliser une version plastique de sa reproduction de l’Independence Hall est encore plus exceptionnel. D’une part parce que ses choix esthétiques ont rendu l’acquisition de certaines pièces très difficile. C’est le cas, par exemple, de la plaque (plate) 1×1 orange sombre (dark orange) qui n’est présente dans aucun ensemble mais que Chris Elliott a quand même réussi à trouver sur BrickLink. D’autre part parce que Chris Elliott a été jusqu’à faire faire certaines pièces. C’est le cas des horloges du clocher que Chris Elliott a lui-même conçues et qu’il a fait imprimer par BrickEngraver dont j’ai déjà vanté la qualité du travail.

Fan de briques LEGO® et d’automobile, Chris Elliott réalisait avec sa reproduction de l’Independence Hall, non loin duquel il a vécu pendant trois ans, sa première création dans le style LEGO® Architecture. Photographe et designer, il est doté d’un très grand sens du détail. Le plus remarquable est qu’il ne se contente pas de reproduire l’Independence Hall, il exploite toutes les possibilités offertes par les briques LEGO® pour sublimer son modèle.

Independence Hall

L’Independence Hall, initialement Pennsylvania State House, est un bâtiment qui se situe à Philadelphie, dans l’état de Pennsylvanie, aux États-Unis. Construit entre 1732 et 1753 dans un style georgien propre au monde anglophone jusque dans la première moitié du XIXe siècle, l’Independence Hall a été érigé pour abriter l’assemblée coloniale de Pennsylvanie. Deux noms sont associés à sa conception, ceux d’Edmund Woolley et d’Andrew Hamilton. Des études récentes ont montré le rôle mineur joué par Andrew Hamilton, faisant d’Edmund Woolley le principal architecte de l’Independence Hall. Son clocher souffrant de problèmes structurels, il a été démonté en 1781 et reconstruit en 1828 d’après les plans de William Strickland. Cependant, l’Independence Hall est moins connu pour son architecture que pour les événements qui s’y sont passés. En effet, c’est à l’intérieur que furent rédigées et signées la Déclaration d’indépendance et la Constitution des États-Unis, respectivement en 1776 et 1787. Pour cette raison l’Independence Hall est classé sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979.

On sait peu de choses sur Edmund Wooley. Il est né en Angleterre vers 1695 et émigra aux États-Unis vers 1705. Il devint architecte et maître charpentier, et fut l’un des premiers membres de la Compagnie des charpentiers de la ville et du comté de Philadelphie. Il conçu différents bâtiments à Philadelphie et en Pennsylvanie dont la Whitefield Meeting House, construite en 1740 et qui était, à l’époque, le plus grand bâtiment de Philadelphie. Edmund Wooley est mort en 1771.

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Que serait un ensemble de la série LEGO® Architecture sans sa tuile lisse imprimée au nom de l’édifice ? Elle permet non seulement d’identifier la construction mais, surtout, elle confère à l’objet une valeur supplémentaire, le fige dans son état, le sacralise même pourrait-on dire, et en fait, sinon un objet d’admiration, du moins un objet de collection digne d’exposition. Et ce qui est valable pour un ensemble produit par The LEGO Group l’est tout autant pour la création d’un fan qui se targue d’adopter le style de la série en question. Seulement voilà, tout le monde ne s’improvise pas fabricant de jouets de construction.

J’ai donc pas mal cherché sur internet le moyen de réaliser des briques au nom de mes propres créations ou MOCs*. Pourtant les sites de pièces customisées ne manquent pas mais la plupart n’en proposent qu’un catalogue défini, et lorsque certains offrent la possibilité de personnaliser des pièces selon ses propres envies cela ne concerne que des éléments de minifigures. Il m’aura donc fallu du temps mais j’ai enfin fini par trouver la solution que je recherchais sur le site web de BrickEngraver.

BrickEngraver est une entreprise familiale baséé à Lillington, en Caroline du Nord, aux États-Unis. La famille Armstrong y propose ainsi de personnaliser à votre convenance tout type de pièce LEGO®, que ce soit en y gravant l’inscription de votre choix, ou en y imprimant le texte ou le dessin désiré. La demande s’effectue via un formulaire très simple. Vous indiquez le type de pièce LEGO® voulue, sa taille et sa couleur, la technique souhaitée (gravure ou impression), le texte ou le dessin désiré et, éventuellement, la police d’écriture et la couleur de l’inscription. Vous joignez, le cas échéant, un fichier du modèle et le tour est joué ! On vous transmet alors un devis et si cela vous convient, vous n’avez plus qu’à choisir une option de livraison.

C’est ainsi que je viens tout juste de recevoir ma première commande : Cinq tuiles noires imprimées, en blanc, au nom de mes créations. Le résultat correspond exactement à ce que j’attendais. Le travail semble être – pour autant que je puisse en juger – de très grande qualité et la seule différence avec les pièces des ensembles de la série est qu’ici l’impression est quelque peu épaisse et légèrement en relief par rapport à la surface de la tuile. Mais cela reste très léger et ne dénature en rien le résultat escompté. Côté tarif, elles m’auront coûté 11,77 €, frais de port compris. La pièce revient donc à un peu plus de 2,35 €. Je ne regrette absolument pas cette dépense qui fait, à mes yeux, de mes créations des pièces vraiment uniques.

*MOC : Acronyme anglais de My Own Creation (ma propre création) désignant toute réalisation en briques non pas proposée par un ensemble officiel LEGO® mais issue de l’imagination d’un ou de plusieurs fans.